Il y a les égratignures
qu’on se fait étant enfant
et sur lesquelles chacun délaisse
l’idée de mettre un pansement
grandissent les enfants
en même temps, les égratignures
s’étirent maintenant les blessures
tandis que la peau se tend
et quand les larmes coulent
des paupières jusqu’au cœur
leur sel creuse des crevasses
qui tissent des sillons
en creux d’immenses blessures
les crevasses se font plaines
bientôt fosses abyssales
les larmes y coulent à flots
les flots forment des rivières
les rivières deviennent
au fil des ans des mers
puis un seul océan
sillonné de fines bandes de terre
qu’aucune embarcation
ne saurait désormais relier
le coeur est presque noyé
et l’âme rongée par le sel
soupire en se rappelant
le temps des jeux sous le soleil
quand l’espoir chuchotait
juste au creux de l’oreille
que les blessures guérissent
sous la caresse du temps