Déboires au creux de la poussière
zigzaguant entre les murs
dans le soir ou dans la lumière
c’est ton nom que je murmure
Ton goût amer sur les lèvres
tristesse journalière
galères dans de beaux draps
l’ivresse me coûte cher
Et si naguère sur ma peau
la caresse d’autres chairs
n’ai de mémoire que ton parfum
Ni l’opium
ni les roses
ni le vin
en vain
aucun n’est plus fort que le tien
C’est au sein de ta prison d’or
que j’érige ma demeure
enfermée dans la cage
à laquelle j’ai scellé mon cœur
Ma cage dorée est dans une pièce mal éclairée
certains jours
j’y laisse les corps défiler
je les observe dans la pénombre
au derrière des barreaux
projeter leurs ombres
sur les murs mouvants fait de mille rideaux
Parfois une ombre charme
allez savoir comment
celle-ci illumine la prison
pendant un bref instant
coupés dans leur élan
les autres corps disparaissent
dépourvus de noirceur
sur laquelle s’imprimer
La lumière éclaire la pièce
je me prends à rêver
Nous sommes maintenant
deux corps pour une prison
les barreaux
n’en sont pourtant pas plus longs
Si j’eus jadis
entre moi et mes pairs
dressé un sanctuaire
c’est pour m’en protéger
Mais cette passion que j’ai pour toi
ma solitude bien-aimée
est comme toutes les autres
une prison dorée