Il y a ce pantin
que j’agite au-devant de la multitude
parce que le monstre qu’il abrite
tient en horreur la solitude
Je dois au même moment les faire valser
-pantin et monstre- dans des grimaces opposées
leurs cordes sans cesse s’emmêlent
et mes doigts sont si fatigués
Puis, il était impensable
que le pantin devienne capricieux
mais le voilà qui se pavane et qui exige
des ciels roses, et des eaux bleues
A l’avant
le pantin m’échappe
à l’arrière
le monstre tire sur son collier
Me voilà écartelée
entre mes capricieux composants
a tenter tant bien que mal
de rester maître à bord
de ces arrogants opposants
Ah ! je voudrais me cogner tellement fort
mais j’ai tellement de couches à ôter
et voilà bien des années
que ces couches sont collées
je crois que ma peau s’en irait avec elles
si je les arrachais
Alors je continue de secouer
ce pantin idiot que je déteste
et le marionnettiste s’embourbe
dans mille et une rêveries de traître
Au moins, le pantin croit savoir qui il est
il sait sourire par devant
quand le monstre pleure à l’arrière
S’ouvrir, enfin ?
non, jamais !
parce que je suis fou
et que je brille trop
et que les autres ne m’aimeront pas;
non, ils me jetteront je le sais
Alors c’est mieux, j’agite le pantin encore
pleins de paillettes, pleins de girouettes
il valse, il crie, il jette
Et, finalement,
il semblerait que ce soit lui le plus honnête