Stupeur et questionnements
la trahison pour habitude
j’ai voulu faire glisser le voile
sur mes mensonges et ma lassitude
Le jour levé
dans le miroir un visage
dénué des faux sourires faisant la bonne image
ôté des rires forcés maquillant les messages
Des années à feinter
immense gaspillage
le corps est fatigué
par mille cent habillages
Et le visage est étrange
car les yeux se sont tus
c’est le vide qui vous mange
pour combler l’autre disparu
Oui la bouche est difforme
depuis qu’elle ne trompe plus
tant de couches conformes
l’ont un peu trop distendue
Maintenant
avec quelle voix créer audience?
entre l’envie de gémir
et puis celle du silence
Mais les mains mentent encore
au bout du pantin qui balance
entre désir de mourir
et devoir de patience
Vacille la coquille de verre
à deux doigts d’exploser
après tant de futiles mystères
désormais dévoilés
Suis-je ce que je prétend être
ou le néant qui m’habite ?
N’est-ce pas souvent dans le paraître
que l’homme se récite ?