Des barques furent mouillées
qui n’arrivèrent jamais
et pourtant sur la jetée
ma mère m’attendait
j’ai brodé des kilomètres de lettres
pour dire que je revenais
abominable traître
qui de rien ne se satisfait
Je vogue sur ma pirogue
la galère d’être en vie
en dialogue avec la mer
de jour comme de nuit
complexe est la survie
au large de l’hémisphère
mais c’est celle que j’ai choisi
bien au-delà des terres
Planter racines
je n’sais pas faire
c’est la marine
que je préfère
Voyez-vous
j’ai beau essayer
de toutes mes forces
ma vie est un perpétuel
et éternel divorce
Et que l’amour
revêtirait ses plus beaux atouts
je le sais;
Si les cages
protègent en effet
jamais elles ne siéent
ni aux oiseaux volages
ni aux fous des marais